Principes de désamiantage

desamiantage

Pour les bâtiments en usage, si le diagnostic amiante conclut à la présence de matériaux contenant de l’amiante friable (flocages, calorifugeages et faux plafonds), dont l’état de conservation constitue un risque pour les occupants (état intermédiaire de conservation N=2, avec un niveau d’empoussièrement mesuré (E) > 5 fibres d’amiante/litre d’air, ou état dégradé N=3), des travaux doivent être engagés systématiquement par le propriétaire. Ils ont pour objectif de réduire le risque d’exposition des utilisateurs du bâtiment, soit par un retrait des matériaux dangereux ou, lorsque cela n’est pas techniquement réalisable, par leur confinement. Dans les 2 cas, le niveau d’empoussièrement doit être ramené à l’issu des travaux sous le seuil de 5 fibres/litre.

Les travaux ne peuvent être réalisés que par des entreprises spécialisées.

Dans l’attente de la réalisation des travaux, des mesures destinées à protéger les occupants doivent être prises sans délai; leur objectif est de ramener l’exposition au niveau le plus bas possible, et dans tous les cas à un niveau d’empoussièrement inférieur à 5 fibres d’amiante/litre d’air.

Ces mesures peuvent être :

  • un nettoyage régulier et strict des locaux (nettoyage humide, aspirateur à filtre absolu) ;

  • l’isolement des matériaux potentiellement dangereux (bâches ou films plastiques) ;

  • la limitation d’accès aux locaux et/ou des interventions de maintenance.

A ce stade, toutes les interventions directes sur ces matériaux sont en revanche prohibées, car elles peuvent provoquer leur dégradation et augmenter le risque d’exposition.

La réglementation exige l’achèvement des travaux dans un délai de 36 mois à partir de la date de remise des résultats du contrôle. Pour certains bâtiments recevant du public (capacité d’accueil > 300 personnes) et les immeubles de grande hauteur, dans lesquels l’amiante friable a été employé de manière généralisée, ce délai peut être incompatible avec la conduite des travaux dans les conditions de sécurité : des dérogations peuvent alors être accordées (cas par exemple de l’université de Jussieu).

Les étapes du désamiantage

Les opérations de désamiantage doivent respecter la réglementation en vigueur, qui a pour objectif d’assurer la sécurité des intervenants et de l’environnement de la zone d’opérations. Elles requièrent des équipements et des systèmes de protection importants et sont à l’origine de chantiers souvent lourds.

Avant d’entamer à proprement parler le désamiantage, un dépoussiérage est effectué et les locaux sont déménagés. Tous les équipements (réseaux, cloisons amovibles, fluides, portes, etc.) qui ne sont pas en contact direct avec l’amiante et qui ne sont pas pollués par des fibres sont démontés.

La zone à traiter est ensuite confinée. Ce confinement permet d’éviter toute fuite de fibres d’amiante hors du chantier. Pour cela, les murs sont protégés et la zone de chantier est rendue étanche par des techniques dites statiques ou dynamiques.

  • Confinement « statique » : les accès au bâtiment sont fermés hermétiquement, les murs et les sols sont nettoyés, puis l’ensemble des supports non lavables et/ou non décontaminables de la zone à désamianter sont isolés par des moyens matériels : double film plastique, vernis et peintures, etc. L’étanchéité du confinement est ensuite testée en y introduisant de la fumée, qui ne doit pas pouvoir s’échapper. Un renouvellement d’air permanent est nécessaire pendant le chantier : des entrées et des évacuations d’air sont aménagées dans l’enveloppe étanche. Des sas permettent le passage des personnels, du matériel et l’évacuation des déchets pollués.

  • Confinement « dynamique » : le confinement dynamique concerne le renouvellement de l’air dans la zone désamiantée, avec une mise en dépression par rapport à l’extérieur ; en cas de fuite dans l’enveloppe étanche, le mouvement d’air se ferait ainsi de l’extérieur vers l’intérieur du bâtiment, les fibres d’amiante n’étant donc pas libérées dans l’environnement. Des extracteurs d’air équipés de filtres performants (dits « filtres absolus », qui piègent les fibres d’amiante), assurent cette dépression. Le système doit renouveler six fois le volume d’air par heure.

Les étapes suivantes entraînent des manipulations de matériaux contaminés ou contenant de l’amiante friable ; en outre, la quantité de particules dans l’environnement confiné augmente considérablement pendant les opérations de désamiantage. Toute personne intervenant dans la zone de désamiantage est donc munie d’un équipement individuel de protection :

  • un système respiratoire (masque) par ventilation assistée;

  • une combinaison jetable;

  • des gants et de surbottes jetables.

Le démantèlement (ou curage) consiste à retirer les matériaux qui ont été en contact direct ou contaminés par des fibres d’amiante (dalles de faux plafonds, réseaux, etc.) afin d’avoir accès aux matériaux contenant l’amiante friable. Les matériaux contenant de l’amiante libre ainsi rendus accessibles peuvent être arrachés. Les techniques d’enlèvement à privilégier sont celles qui :

  • limitent l’exposition des intervenants aux poussières d’amiante;

  • provoquent le moins d’émissions de fibres dans l’atmosphère;

  • facilitent l’évacuation des débris arrachés.

La technique dite de « l’enlèvement à l’humide » est la plus efficace pour réduire les émissions de poussières ; le matériau à base d’amiante est totalement saturé d’eau avant d’être retiré. Une fois l’amiante enlevé, les surfaces sont brossées et aspirées.

La technique dite de « l’enlèvement à l’humide » est la plus efficace pour réduire les émissions de poussières ; le matériau à base d’amiante est totalement saturé d’eau avant d’être retiré. Une fois l’amiante enlevé, les surfaces sont brossées et aspirées.

A la fin du désamiantage, des contrôles multiples sont effectués avant le démontage du chantier :

  • contrôles visuels de l’état des supports par l’entreprise et le maître d’œuvre, puis par un contrôleur indépendant;

  • taux d’empoussièrement résiduel de l’air;

  • inspection visuelle par un contrôleur indépendant mandaté par le maître d’œuvre pour vérifier qu’il n’y a plus d’amiante

Si l’inspection est satisfaisante, la première peau du confinement est retirée. Les mesures de restitution sont réalisées 48h après, pour permettre à la poussière ambiante de se déposer. Lorsque le taux d’empoussièrement est inférieur à 5 fibres/litre d’air, l’extraction d’air et les barrières de confinement sont déposées et un ultime nettoyage est effectué.

Après le démontage et avant toute réoccupation des locaux, les propriétaires doivent faire procéder à un ultime contrôle des surfaces traitées par un technicien de la construction indépendant. L’inspection visuelle de fin de chantier est complétée par une mesure du niveau d’empoussièrement. Si celui-ci est inférieur à 5 f/l, les locaux peuvent être rééquipés (afin notamment de satisfaire à la réglementation sur la sécurité incendie), puis réoccupés. Si les travaux n’ont pas permis le retrait de tous les flocages, calorifugeages et faux-plafonds contenant de l’amiante (cas du confinement), un contrôle périodique de l’état de conservation des matériaux devra en outre être réalisé tous les 3 ans ou à l’occasion de toute modification substantielle de l’ouvrage ou de son usage.

Avant et pendant l’arrachage de l’amiante, de nombreux déchets polluants sont évacués des chantiers ; ils doivent être éliminés conformément aux dispositions du code de l’environnement.

Quelles entreprises peuvent effectuer le désamiantage ?

Pour réaliser des travaux sur de matériaux contenant de l’amiante, les entreprises doivent être obligatoirement titulaires d’une certification de qualification (sous-section 3 ou 4 du décret du 4 mai 2012), qui atteste de leur capacité technique à réaliser des opérations de retrait, confinement ou travaux à proximité de matériaux amiantés; elles doivent pouvoir assurer la qualité finale des travaux, dans le respect des réglementations en matière d’information des occupants et de mise en place des consignes de sécurité. Elles doivent par ailleurs adresser à l’inspection du travail une déclaration de travaux avant le démarrage du chantier.