Principes de désamiantage

desamiantage

Pour les bâtiments en usage, si le diagnostic amiante conclut à la présence de matériaux contenant de l’amiante friable (flocages, calorifugeages et faux plafonds), dont l’état de conservation constitue un risque pour les occupants (état intermédiaire de conservation N=2, avec un niveau d’empoussièrement mesuré (E) > 5 fibres d’amiante/litre d’air, ou état dégradé N=3), des travaux doivent être engagés systématiquement par le propriétaire. Ils ont pour objectif de réduire le risque d’exposition des utilisateurs du bâtiment, soit par un retrait des matériaux dangereux ou, lorsque cela n’est pas techniquement réalisable, par leur confinement. Dans les 2 cas, le niveau d’empoussièrement doit être ramené à l’issu des travaux sous le seuil de 5 fibres/litre.

Les travaux ne peuvent être réalisés que par des entreprises spécialisées.

Dans l’attente de la réalisation des travaux, des mesures destinées à protéger les occupants doivent être prises sans délai; leur objectif est de ramener l’exposition au niveau le plus bas possible, et dans tous les cas à un niveau d’empoussièrement inférieur à 5 fibres d’amiante/litre d’air.

Ces mesures peuvent être :

  • un nettoyage régulier et strict des locaux (nettoyage humide, aspirateur à filtre absolu) ;

  • l’isolement des matériaux potentiellement dangereux (bâches ou films plastiques) ;

  • la limitation d’accès aux locaux et/ou des interventions de maintenance.

A ce stade, toutes les interventions directes sur ces matériaux sont en revanche prohibées, car elles peuvent provoquer leur dégradation et augmenter le risque d’exposition.

La réglementation exige l’achèvement des travaux dans un délai de 36 mois à partir de la date de remise des résultats du contrôle. Pour certains bâtiments recevant du public (capacité d’accueil > 300 personnes) et les immeubles de grande hauteur, dans lesquels l’amiante friable a été employé de manière généralisée, ce délai peut être incompatible avec la conduite des travaux dans les conditions de sécurité : des dérogations peuvent alors être accordées (cas par exemple de l’université de Jussieu).

Les étapes du désamiantage

Les opérations de désamiantage doivent respecter la réglementation en vigueur, qui a pour objectif d’assurer la sécurité des intervenants et de l’environnement de la zone d’opérations. Elles requièrent des équipements et des systèmes de protection importants et sont à l’origine de chantiers souvent lourds.

Avant d’entamer à proprement parler le désamiantage, un dépoussiérage est effectué et les locaux sont déménagés. Tous les équipements (réseaux, cloisons amovibles, fluides, portes, etc.) qui ne sont pas en contact direct avec l’amiante et qui ne sont pas pollués par des fibres sont démontés.

La zone à traiter est ensuite confinée. Ce confinement permet d’éviter toute fuite de fibres d’amiante hors du chantier. Pour cela, les murs sont protégés et la zone de chantier est rendue étanche par des techniques dites statiques ou dynamiques.

  • Confinement « statique » : les accès au bâtiment sont fermés hermétiquement, les murs et les sols sont nettoyés, puis l’ensemble des supports non lavables et/ou non décontaminables de la zone à désamianter sont isolés par des moyens matériels : double film plastique, vernis et peintures, etc. L’étanchéité du confinement est ensuite testée en y introduisant de la fumée, qui ne doit pas pouvoir s’échapper. Un renouvellement d’air permanent est nécessaire pendant le chantier : des entrées et des évacuations d’air sont aménagées dans l’enveloppe étanche. Des sas permettent le passage des personnels, du matériel et l’évacuation des déchets pollués.

  • Confinement « dynamique » : le confinement dynamique concerne le renouvellement de l’air dans la zone désamiantée, avec une mise en dépression par rapport à l’extérieur ; en cas de fuite dans l’enveloppe étanche, le mouvement d’air se ferait ainsi de l’extérieur vers l’intérieur du bâtiment, les fibres d’amiante n’étant donc pas libérées dans l’environnement. Des extracteurs d’air équipés de filtres performants (dits « filtres absolus », qui piègent les fibres d’amiante), assurent cette dépression. Le système doit renouveler six fois le volume d’air par heure.

Les étapes suivantes entraînent des manipulations de matériaux contaminés ou contenant de l’amiante friable ; en outre, la quantité de particules dans l’environnement confiné augmente considérablement pendant les opérations de désamiantage. Toute personne intervenant dans la zone de désamiantage est donc munie d’un équipement individuel de protection :

  • un système respiratoire (masque) par ventilation assistée;

  • une combinaison jetable;

  • des gants et de surbottes jetables.

Le démantèlement (ou curage) consiste à retirer les matériaux qui ont été en contact direct ou contaminés par des fibres d’amiante (dalles de faux plafonds, réseaux, etc.) afin d’avoir accès aux matériaux contenant l’amiante friable. Les matériaux contenant de l’amiante libre ainsi rendus accessibles peuvent être arrachés. Les techniques d’enlèvement à privilégier sont celles qui :

  • limitent l’exposition des intervenants aux poussières d’amiante;

  • provoquent le moins d’émissions de fibres dans l’atmosphère;

  • facilitent l’évacuation des débris arrachés.

La technique dite de « l’enlèvement à l’humide » est la plus efficace pour réduire les émissions de poussières ; le matériau à base d’amiante est totalement saturé d’eau avant d’être retiré. Une fois l’amiante enlevé, les surfaces sont brossées et aspirées.

La technique dite de « l’enlèvement à l’humide » est la plus efficace pour réduire les émissions de poussières ; le matériau à base d’amiante est totalement saturé d’eau avant d’être retiré. Une fois l’amiante enlevé, les surfaces sont brossées et aspirées.

A la fin du désamiantage, des contrôles multiples sont effectués avant le démontage du chantier :

  • contrôles visuels de l’état des supports par l’entreprise et le maître d’œuvre, puis par un contrôleur indépendant;

  • taux d’empoussièrement résiduel de l’air;

  • inspection visuelle par un contrôleur indépendant mandaté par le maître d’œuvre pour vérifier qu’il n’y a plus d’amiante

Si l’inspection est satisfaisante, la première peau du confinement est retirée. Les mesures de restitution sont réalisées 48h après, pour permettre à la poussière ambiante de se déposer. Lorsque le taux d’empoussièrement est inférieur à 5 fibres/litre d’air, l’extraction d’air et les barrières de confinement sont déposées et un ultime nettoyage est effectué.

Après le démontage et avant toute réoccupation des locaux, les propriétaires doivent faire procéder à un ultime contrôle des surfaces traitées par un technicien de la construction indépendant. L’inspection visuelle de fin de chantier est complétée par une mesure du niveau d’empoussièrement. Si celui-ci est inférieur à 5 f/l, les locaux peuvent être rééquipés (afin notamment de satisfaire à la réglementation sur la sécurité incendie), puis réoccupés. Si les travaux n’ont pas permis le retrait de tous les flocages, calorifugeages et faux-plafonds contenant de l’amiante (cas du confinement), un contrôle périodique de l’état de conservation des matériaux devra en outre être réalisé tous les 3 ans ou à l’occasion de toute modification substantielle de l’ouvrage ou de son usage.

Avant et pendant l’arrachage de l’amiante, de nombreux déchets polluants sont évacués des chantiers ; ils doivent être éliminés conformément aux dispositions du code de l’environnement.

Quelles entreprises peuvent effectuer le désamiantage ?

Pour réaliser des travaux sur de matériaux contenant de l’amiante, les entreprises doivent être obligatoirement titulaires d’une certification de qualification (sous-section 3 ou 4 du décret du 4 mai 2012), qui atteste de leur capacité technique à réaliser des opérations de retrait, confinement ou travaux à proximité de matériaux amiantés; elles doivent pouvoir assurer la qualité finale des travaux, dans le respect des réglementations en matière d’information des occupants et de mise en place des consignes de sécurité. Elles doivent par ailleurs adresser à l’inspection du travail une déclaration de travaux avant le démarrage du chantier.

Mode de calcul du DPE

Calcul conventionnel de diagnostique de performance énergétique (DPE)

Des méthodes de calcul (3CL, …) ont été mises au point pour les maisons individuelles et les appartements dotés d’un chauffage individuel.

Les critères suivants, saisis en entrée de la méthode de calcul, permettent de calculer la valeur des étiquettes ‘énergie’ et ‘climat’, et de quantifier l’effet des mesures d’amélioration proposées.

Le climat

L’emplacement géographique et l’altitude, qui déterminent le climat, influent sur les consommations de chauffage et de climatisation. Un même logement aura par exemple de meilleures performances énergétiques s’il est bâti sur le littoral méditerranéen que s’il est bâti dans l’Est de la France ou dans une région montagneuse.

Les parois déperditives

Selon les cas il peut s’agir :

  • de la toiture (terrasse, comble aménagé, comble perdu),

  • des murs en contact avec l’extérieur ou un local non chauffé,

  • du plancher bas en contact en contact avec l’extérieur ou un local non chauffé (vide sanitaire, sous-sol, …)

Ces parois déperditives sont caractérisées par leur surface et un coefficient de transmission thermique U (en W/m².K), connu ou estimé, proportionnel aux déperditions de chaleur au travers de la paroi. Plus le coefficient U est faible, meilleure est l’isolation. Le doublage (intérieur ou extérieur) de la paroi par une couche de matériau isolant permet de réduire U et les déperditions de chaleur.

Un autre type de déperdition, les ponts thermiques, se produit à l’interface entre 2 parois dont les caractéristiques thermiques sont différentes. Ces ponts thermiques sont plus importants dans les bâtiments récents que dans les bâtiments anciens. L’isolation de la paroi par l’extérieur permet de les réduire, ce qui n’est en général pas le cas de l’isolation par l’intérieur.

Les fenêtres

Les fenêtres sont, tout comme les parois, caractérisées par leur surface et leur coefficient U.

Leur efficacité thermique dépend du matériau constituant leur menuiserie, de leur type (simple vitrage, survitrage, double vitrage, …), de la présence de volet.

Le remplacement des fenêtres existantes par des fenêtres plus performantes est en général beaucoup moins rentable sur le plan financier que l’isolation des parois.

Le système de ventilation

La ventilation peut être naturelle (par défaut d’étanchéité des fenêtres, tirage des conduits de fumée, …) ou mécanique (simple ou double flux).

La ventilation des logements doit être ‘générale et permanente’ (arrêté du 24 mars 1982), c’est-à-dire avoir lieu même quand les fenêtres sont fermées. Une ventilation insuffisante peut notamment causer l’apparition de condensation et le développement de moisissure dans les pièces d’eau.

Cependant plus la ventilation est forte, plus les déperditions de chaleur sont importantes. La ventilation doit donc être optimisée, pour trouver un équilibre entre les exigences de renouvellement de l’air et de réduction des déperditions de chaleur.

Les systèmes de chauffage, de production d’eau chaude et de climatisation

Les systèmes ont des rendements énergétiques différents selon leur âge et leur technologie (les chaudières au gaz à condensation ont par exemple un rendement supérieur aux chaudières à gaz classiques, les pompes à chaleur un meilleur rendement que les convecteurs électriques).

Supprimer l’exposition au plomb

Exposition au plomb

Après la phase de recherche des peintures au plomb, il convient d’estimer leur état. Une peinture en bon état ne présente pas de danger immédiat puisqu’il n’y a aucun risque d’ingestion ou d’inhalation de plomb. On considère qu’il n’y a pas d’exposition au plomb malgré sa présence.

En revanche, si il y a dégradation de la peinture (écaillage, cloquage, etc.), on considère qu’il y a exposition au plomb et il y a lieux d’engager des travaux pour supprimer cette exposition.

Si les locaux sont occupés ou que des personnes risquent d’être exposées, particulièrement des enfants ou des femmes enceintes, des travaux palliatifs devront être entrepris dans les plus brefs délais. Ils ont pour but de supprimer temporairement tout accès aux revêtements dégradés ou leur dispersion. On pourra recouvrir les zones à risque d’un autre revêtement (peinture, toile de verre, papier peint) ou les doubler (panneaux de bois, plaques de plâtre).
Les travaux définitifs visent à éliminer définitivement l’exposition au plomb par la suppression et l’évacuation de toutes les peintures au plomb. Ces travaux nécessitent d’importantes précautions pour ne pas exposer les occupants et les travailleurs à un risque d’intoxication.

Les entreprises spécialisées

Bien qu’il ne soit pas obligatoire de recourir systématiquement à une entreprise spécialisée, il est évident que faire appel à des professionnels reste la seule garantie d’une surpression définitive et totale de toute exposition au plomb, et ce sans aucun risque aussi bien pour les ouvriers que pour les occupants. Dans tous les cas, les personnes intervenant sur ce type de peintures doivent en être informées.

Le prix, les aides

Le prix de la suppression de ces revêtements au plomb dépendra de la surface à traiter et des mesures de protection à mettre en œuvre. Dans tous les cas, demandez un devis en fournissant au professionnel le « diagnostic plomb » (CREP) qui lui permettra de chiffrer les travaux en connaissance de cause

Les obligations du propriétaire

Vos obligations

Dans le cas de la vente d’un immeuble à usage partiel ou total d’habitation datant d’avant le 1er janvier 1949, le diagnostic plomb est à la charge du propriétaire avant la vente et doit être annexé à la promesse ou à l’acte de vente. Sa validité est d’une année, sauf si l’expertise a révélé l’absence totale de plomb, auquel cas le CREP n’a pas de limite de validité et pourra être produit pour chaque nouvelle vente.


Dans le cas de la location
d’un immeuble à usage d’habitation construit avant le 1er janvier 1949.

  • Le diagnostic plomb est obligatoire dans les parties à usage commun d’un immeuble collectif si des travaux altérant les revêtements sont prévus.

  • A partir du 12 août 2008, le diagnostic plomb est obligatoire dans ces mêmes parties communes (travaux ou pas) et le CREP devra être annexée à tout nouveau contrat de location. Lors de la signature d’un contrat de location, un diagnostic de moins de 6 ans doit être produit. Si ce diagnostic a révélé l’absence de plomb dans le logement, il sera produit pour chaque nouveau contrat sans limite de validité.

Cas d’un risque d’exposition au plomb avéré

Si le CREP révèle qu’un risque d’exposition au plomb existe, l’expert est tenu d’en transmettre un exemplaire à la préfecture et le propriétaire sera tenu d’engager les travaux nécessaires pour supprimer tout risque d’exposition.

Le plomb dans l’immobilier

Plus récemment, des dérivés du plomb ont été utilisés dans l’immobilier, particulièrement dans les peintures. Bien que l’interdiction de la peinture au plomb date de 1948, de nombreux bâtiments anciens comportent encore ce type de peinture, parfois recouvertes plusieurs fois par d’autres couches de peinture.

Dans l’immobilier ancien, le plomb présente donc un risque :

  • dans les canalisations d’eau potable

  • dans les peintures au plomb

 

Peinture contenant du plomb

plomb_immoLa peinture à base de plomb, résistante à l’humidité,  a été employée au cours des siècles précédents comme barrière contre l’humidité. On trouve donc souvent cette peinture dans les pièces humides, sur la partie inférieure des murs périphériques, sur les fenêtres, …

La peinture au plomb prédomine dans l’habitat ancien malgré les rénovations. Le plus souvent en effet les couches de peinture ont été superposées sans décapage sur les éléments de construction. En tout état de cause, même avec un décapage, il est difficile de faire disparaître les traces de plomb sur les éléments en bois qui ont la capacité d’absorber profondément la peinture.

Sur les éléments anciens on trouve donc des couches (en général les plus profondes) contenant du plomb et des couches superficielles n’en contenant pas. Les appareils à fluorescence X détectent le plomb sur toute l’épaisseur du revêtement et calculent un indice de profondeur permettant d’estimer la profondeur de la couche contenant du plomb.

Exposition au plomb

La peinture au plomb ne présente un danger que si elle est dégradée (ex : photo). En ce cas la réglementation prévoit que l’opérateur évalue l’état de dégradation  de la peinture. On considère en effet qu’un jeune enfant, peut détacher des fragments de peintures dégradées et, par un acte réflexe, les sucer ou les avaler.

Dès qu’une peinture présente une dégradation, la réglementation stipule que, quelle que soit la profondeur de la couche contenant du plomb, il y a exposition au plomb.

Et les canalisations en plomb ?

La recherche du plomb dans le réseau d’eau potable se fait par une analyse chimique de l’eau et une inspection des canalisations et des branchements. Si l’utilisation de robinets anti-plomb permet de réduire la teneur en plomb de l’eau, elle permet rarement d’atteindre le seuil recommandé.

La seule solution demeure donc le remplacement de toutes les canalisations plomb, d’autant plus que le seuil admissible passera à 10mg/l en 2013.

 

Les dangers du plomb

Le plomb peut pénétrer dans l’organisme de deux manières :

  • par inhalation (poussière de peinture poncée ou fumée de peinture brûlée)

  • par ingestion (écailles de peinture, canalisations d’eau potable en plomb)

En revanche, le plomb ne passe pas à travers la peau.

L’intoxication au plomb est appelée « saturnisme« . Elle se manifeste principalement par une atteinte du système nerveux, des reins, une diminution des globules rouges dans le sang et des problèmes digestifs. Les enfants sont particulièrement vulnérables au saturnisme parce qu’ils sont plus susceptibles d’en absorber (ingestion d’écailles de peinture au plomb) et parce qu’une plus grande part du plomb ingérée passe dans leur sang. L’organisme éliminant très lentement le plomb, la femme enceinte peut également en transmettre une partie au fœtus puis par l’allaitement, provocant des cas de saturnisme précoces et des problèmes de croissance.

L’intoxication par le plomb ou saturnisme a aussi été la première maladie professionnelle reconnue en France. L’utilisation de la céruse dans les peintures a donc été réglementée pour l’usage professionnel dès 1913. Cependant ce pigment a continué d’être employé dans la fabrication artisanale des peintures d’intérieur et d’extérieur jusqu’en 1948. A cette date un arrêté interdit l’emploi de la céruse et d’autres composés à base de plomb dans les travaux de peinture en bâtiment. Un arrêté de février 93 indiquant la commercialisation et l’importation de peinture contenant certains sels de plomb, sauf certains pigments mais avec l’obligation d’étiquetage pour l’information des utilisateurs.

Risques d’exposition au plomb

Le CREP a pour but de prévenir ou traiter des causes d’insalubrité éventuellement associées. Si de tels facteurs sont mis en évidence, il sera de la responsabilité du Diagnostiqueur de transmettre un exemplaire du CREP à la préfecture du département.

En revanche, dès qu’il y a présence de peintures dégradées contenant du plomb, le propriétaire sera tenu d’effectuer des travaux, afin d’éliminer le risque d’exposition au plomb.

Réglementation :

Décret 2006-474

Immeubles concernés :

Constructions ou rénovations à usage partiel ou total d’habitation et datant d’avant le 1er janvier 1949. Obligatoire pour les parties communes depuis le 11 août 2008 et préalablement à tous travaux susceptibles de dégrader le revêtement, pour la location depuis  du 12 août 2008.

Validité :

Définitive si aucune présence de plomb, 1 an si la concentration en plomb est supérieure au seuil réglementaire, 6 ans pour la location.

Il n’est pas nécessaire de faire réaliser un CREP si l’ERAP n’a pas encore expiré au jour de la conclusion de la transaction immobilière.

Notre méthode de contrôle :

Réalisation des mesures de concentration en plomb sur l’ensemble des revêtements (mesures prises à l’aide d’un appareil à fluorescence X à source radioactive – agrément DGSNR n°T760541).

Détermination de l’état de conservation des revêtements positifs au plomb (concentration supérieure à 1 mg/cm²).

Analyse du risque et préconisations d’usage.

Plomb : Historique

Le plomb a été largement utilisé dans la fabrication des peintures du XIXème siècle. Ainsi la céruse (carbonate basique de plomb) était un pigment blanc qui entrait dans la composition des peintures. Certaines peintures pouvaient contenir jusqu’à 50% de plomb en poids. L’incorporation de céruse et d’autres composés de plomb dans les peintures conférait à celles-ci des qualités remarquables, notamment un bon pouvoir couvrant, une protection efficace contre l’humidité et des propriétés fongicides. Les peintures étaient donc considérées comme des peintures « haut de gamme » au siècle dernier et ont donc été employées dans beaucoup d’immeubles de standing.

Historique

  • Utilisation de peintures au plomb jusqu’en 1948

  • Utilisation courante du plomb pour les canalisations jusque dans les années 60, interdiction totale en 1995.

  • 1998 : une loi insère dans dans le code de la santé des mesures de prévention contre le saturnisme.

  • 2003 : la teneur en plomb dans l’eau est limitée à 25mg/l, ce qui implique le remplacement de toutes les canalisations en plomb.

  • 2004 : le Constat de Risque d’Exposition au Plomb (CREP) remplace l’ERAP

  • 2013 : la teneur en plomb dans l’eau sera abaissée à 10mg/l.

Réglementation pour lutter contre le saturnisme

En 1915 une loi interdit l’emploi de la céruse par les ouvriers peintres en bâtiment. En 1948 cette interdiction d’emploi est généralisée à tous les travaux de peinture en bâtiment pour l’ensemble des professionnels.

Les peintures à la céruse sont donc réputées ne plus avoir été employées après 1948. Néanmoins ce n’est qu’en 1993 que la commercialisation de ces peintures a été interdite. Il est donc possible qu’un usage marginal (notamment par les particuliers qui ne sont pas concernés par la loi de 1948) de la peinture à la céruse ait perduré après 1948.

D’autre part, des peintures anticorrosion au minium de plomb, pigment nocif au même titre que la céruse, ont été appliquées après 1948 sur des éléments métalliques, principalement en extérieur des bâtiments (rambardes, volets, …). Les enfants jouant sur certains balcons des immeubles des années 1960, aux peintures décrépies, courent donc potentiellement un risque d’intoxication.

Réglementation de 1999

Pour lutter contre le saturnisme des décrets parus en 1999 et intégrés dans le Code de la Santé Publique instaurent une obligation de réaliser un État des Risques d’Accessibilité au plomb (ERAP) dans les peintures dans les cas suivants :

  • lorsqu’un médecin informe le préfet du dépistage d’un cas de saturnisme chez un mineur,

  • lors d’une vente d’immeuble d’habitation construit avant le 01/01/1949.

L’ERAP, limité à l’origine à quelques départements, entre en vigueur progressivement sur tout le territoire.

Risques et maladies

Le risque de l’amiante est lié à l’inhalation de poussières, pouvant provenir d’une pollution urbaine, mais surtout industrielle.

La dimension des fibres d’amiante leur permet une pénétration profonde dans l’arbre respiratoire, où elles sont difficilement éliminées. Leur accumulation peut être responsable de fibroses pulmonaires (asbestose, classée parmi les maladies professionnelles), dont la manifestation clinique principale est une insuffisance respiratoire. Le délai d’apparition est de 15 à 20 ans après l’exposition. Des risques de complications existent à plus long terme (20 à 40 ans après l’exposition) sous la forme de cancers broncho-pulmonaires, de la plèvre ou du péritoine (mésothéliome).

Selon l’Institut de veille sanitaire, en France plus d’un retraité sur 4 a été exposé au risque de l’amiante durant sa vie professionnelle. Les estimations actuelles font état de 3000 à 5000 décès par an, provoqués par l’amiante et liés avant tout à une exposition industrielle (en particulier dans l’industrie navale, avec environ 2000 cas par an). Deux à 3 % des ouvriers de l’amiante pourraient être atteints à plus ou moins longue échéance. Le risque concerne également les personnes séjournant dans des locaux où l’amiante a été mal appliqué ou mal confiné

Ces risques sanitaires ont conduit les autorités à réglementer progressivement puis à interdire les utilisations de l’amiante, mais aussi à imposer son élimination lorsque sa présence constitue un danger pour la santé publique.

Les effets de l’amiante sur la santé

Ils peuvent se résumer à deux groupes de maladies :

  • les atteintes non-tumorales : il s’agit exceptionnellement d’épanchements pleuraux qui peuvent être récidivants, de plaques de sclérose qui épaississent la plèvre sans conséquence fonctionnelle notable. Dans le cas d’empoussièrement important, habituellement d’origine professionnelle, l’amiante peut provoquer une sclérose du tissu pulmonaire (asbestose) qui réduira la fonction respiratoire et peut dans les cas les plus graves produire une insuffisance respiratoire mortelle.

  • les atteintes tumorales : il s’agit de cancers qui peuvent atteindre soit le revêtement de la cavité pleurale qui entoure les poumons (mésothéliomes), soit le revêtement des cavités pulmonaires (cancers broncho-pulmonaires). Les autres cancers sont plus rares (larynx, péricarde, péritoine) ou de relation avec l’amiante discutée (tube digestif, appareil urinaire).

Ces lésions surviennent après un long temps de latence entre le début de l’exposition à l’amiante et l’apparition de symptômes ou de signes radiologiques, 20 à 40 années sont des délais fréquemment observés. Il s’agit de durées concernant la majorité des cas observés mais des intervalles plus courts ou plus longs sont possibles.

Le risque d’atteinte tumorale broncho-pulmonaire peut être majoré par l’exposition à d’autres agents cancérogènes, par exemple la fumée du tabac.