Risques et maladies

Le risque de l’amiante est lié à l’inhalation de poussières, pouvant provenir d’une pollution urbaine, mais surtout industrielle.

La dimension des fibres d’amiante leur permet une pénétration profonde dans l’arbre respiratoire, où elles sont difficilement éliminées. Leur accumulation peut être responsable de fibroses pulmonaires (asbestose, classée parmi les maladies professionnelles), dont la manifestation clinique principale est une insuffisance respiratoire. Le délai d’apparition est de 15 à 20 ans après l’exposition. Des risques de complications existent à plus long terme (20 à 40 ans après l’exposition) sous la forme de cancers broncho-pulmonaires, de la plèvre ou du péritoine (mésothéliome).

Selon l’Institut de veille sanitaire, en France plus d’un retraité sur 4 a été exposé au risque de l’amiante durant sa vie professionnelle. Les estimations actuelles font état de 3000 à 5000 décès par an, provoqués par l’amiante et liés avant tout à une exposition industrielle (en particulier dans l’industrie navale, avec environ 2000 cas par an). Deux à 3 % des ouvriers de l’amiante pourraient être atteints à plus ou moins longue échéance. Le risque concerne également les personnes séjournant dans des locaux où l’amiante a été mal appliqué ou mal confiné

Ces risques sanitaires ont conduit les autorités à réglementer progressivement puis à interdire les utilisations de l’amiante, mais aussi à imposer son élimination lorsque sa présence constitue un danger pour la santé publique.

Les effets de l’amiante sur la santé

Ils peuvent se résumer à deux groupes de maladies :

  • les atteintes non-tumorales : il s’agit exceptionnellement d’épanchements pleuraux qui peuvent être récidivants, de plaques de sclérose qui épaississent la plèvre sans conséquence fonctionnelle notable. Dans le cas d’empoussièrement important, habituellement d’origine professionnelle, l’amiante peut provoquer une sclérose du tissu pulmonaire (asbestose) qui réduira la fonction respiratoire et peut dans les cas les plus graves produire une insuffisance respiratoire mortelle.

  • les atteintes tumorales : il s’agit de cancers qui peuvent atteindre soit le revêtement de la cavité pleurale qui entoure les poumons (mésothéliomes), soit le revêtement des cavités pulmonaires (cancers broncho-pulmonaires). Les autres cancers sont plus rares (larynx, péricarde, péritoine) ou de relation avec l’amiante discutée (tube digestif, appareil urinaire).

Ces lésions surviennent après un long temps de latence entre le début de l’exposition à l’amiante et l’apparition de symptômes ou de signes radiologiques, 20 à 40 années sont des délais fréquemment observés. Il s’agit de durées concernant la majorité des cas observés mais des intervalles plus courts ou plus longs sont possibles.

Le risque d’atteinte tumorale broncho-pulmonaire peut être majoré par l’exposition à d’autres agents cancérogènes, par exemple la fumée du tabac.